Je vous ai présenté Obsidian dans ce billet. Une de mes utilisations m’a fait rassembler mes recettes de cuisine que je conservais un peu partout. Avec mon coffre (vault) Obsidian sur iCloud, je puis consulter mes recettes avec mon ordinateur pour préparer mes menus, avec mon téléphone en faisant les courses ou avec mon iPad quand je cuisine. Avec Obsidian, je navigue beaucoup plus facilement dans mes recettes grâce aux tags dans les propriétés de chaque note. J’ai créé un modèle (template) qui facilite la création de note standardisée pour les recettes de cuisine. Avec les « bases » dans Obsidian (v1.9 ou plus), la navigation est beaucoup plus visuelle, par exemple ci-dessous mes recettes pour BBQ. Voyons comment faire.

Comment le faire ?
Ce billet décrira le processus en 5 étapes :
- Créer un modèle (template).
- Créer une note par recette à l’aide du modèle.
- Ajouter une photo dans votre coffre Obsidian (vault).
- Créer mon livre de recettes.
- Créer des vues filtrées dans bases.
1. Créer un modèle
Pour activer les modèles dans Obsidian, consulter ce billet ou cette vidéo. J’ai nommé la note qui me sert de modèle est « Recette de « . Dans les propriétés (cliquer sur les … à droite du titre de la note et sélectionner « Ajouter des propriétés au fichier »), je défini les champs suivants (que j’explique ci-dessous). À vous de définir ou retenir ce qui est pertinent pour vous.
- Map of Content: pour identifier le sujet, dans mon cas tout ce qui est en lien avec la cuisine donc « [[MoC_Cuisine]] ». Avant je créais manuellement un lien sur une note spécifique à chaque Map of Content. Aujourd’hui ce sont des bases qui listent toutes les notes associées à chaque MoC.
- tags: (pour filtrer mes recettes par après)
- recette (pour identifier les seules recettes dans ce qui est en lien avec la cuisine car MoC_Cuisine ne contient pas que des recettes),
- ingrédients principaux (pour retrouver facilement des recettes avec par exemple des aubergines, du poisson…),
- types de plats (apéro, entrée, plat, dessert… pour filtrer les recettes selon le type de plat),
- mode de cuisson (four, vapeur, autocuiseur, BBQ…),
- mode alimentaire (végétarien…) et
- pays d’origine de la recette (pour filtrer par type de cuisine)
- Difficulté: (entre très facile et très compliqué, complètement subjectif et propre à mon expérience)
- Préparation: (temps de préparation)
- Repos: (temps de repos peu importe si c’est avant ou après cuisson)
- Cuisson: (temps de cuisson)
- cover: (photo de la recette dans mon coffre Obsidian (nom et extension) ou en URL (attention à la taille et au format))
- Source: (source de la recette comme le nom de la personne qui me l’a communiquée, le lien vers site web sur laquelle je l’ai trouvée…)
Hors propriétés, j’ai dans ma note qui sert de modèle, les titres (donc précédé de « # « ) suivants :
- « Ingrédients pour XXXX personnes » (où XXXX sera remplacé dans la note recette par le nombre de personne pour les ingrédients de la recette) et suivi d’une liste à puces;
- « Préparation » suivi d’une liste numérotée pour les étapes de préparation
- « Notes » avec tout type de notes que vous désirez ajouter.
- « Adaptations » pour les adaptations que je fais durant les différentes réalisations de la recette
2. Créer une note par recette à l’aide du modèle
Créer une nouvelle note (cmd-n) et appliquer le modèle créé ci-dessus (cmd-p: Modèles:Insérer le modèle). Encoder vos recettes. N’oublier pas d’ajouter le nom et extension de la photo déposée dans votre coffre Obsidian.
3. Ajouter une photo dans votre coffre Obsidian
Le plus souvent je cherche une image en ligne, je l’enregistre directement dans mon coffre Obsidian sur iCloud et copie-colle le nom.extension dans les propriétés, partie source. J’ajoute au début de la note la photo avec ![[nom.extension]] et au besoin je réduis la taille de l’image dans un autre logiciel.
4. Créer mon livre de recettes
Si ce n’est pas encore fait et que votre version d’Obsidian est la 1.9.1 ou supérieure, activer le module « Bases », voir illustration ci-dessous.

Dans une nouvelle note, insérer une « base » avec cmd-p: « Bases: Insert new base ». Une table avec toutes vos notes apparait.
5. Créer des vues filtrées dans bases
Ne conservons que les recettes :
- au sommet de la table, plutôt au milieu, cliquer sur le mot « Filter » (voir illustration gauche ci-dessous)
- déplier « All views » et après « where », cliquer sur le menu déroulant « file », dérouler vers le bas et cliquer sur « Map of content » (tel que défini dans votre modèle) puis dans le menu déroulant à sa droite conserver « is » et dans le menu déroulant suivant, sélectionner « MoC_Cuisine » pour n’afficher que les notes en lien avec la cuisine
- cliquer sur « + Add filter » et après « and », conserver « file » mais dans le menu à sa droite, sélectionner « has tag » puis dans le menu de droite « recette ». Le reste de l’illustration est pour plus tard.

Comme le montre la partie droite de l’illustration ci-dessus, cliquer sur le mot « Table » en haut à gauche puis sur « Table > ». Donner un nom (Toutes mes recettes). Au lieu de « Table », choisir « Cards ». Dans « Image property », indiquer le nom du champs défini dans les propriétés de la note (dans mon cas « cover », voir définir un modèle ci-dessus). J’ai réduit « Image aspect ratio » à 0,5.

Afficher d’autres informations dans les cartes : cliquer sur « Properties », sélectionner « Difficulté » (tel que défini dans les propriétés du modèle). Ensuite tout en bas de « Properties », cliquer sur « Add formula ». dans « Display name », taper « Préparation | Cuisson (repos) » et dans « Formula » recopier exactement : note.Préparation + » | » + note.Cuisson + if(note.Repos, » ( » + note.Repos + « ) », « »)
4. Créer une vue filtrée
Il faudra créer une vue et lui associé un filtre spécifique pour cette vue. Ensuite, il suffira de cliquer sur la vue choisie pour voir les recettes concernée. J’ai créé du vue et filtre pour les différents tags créés (voir « modèle » ci-dessus).
Pour se faire, cliquer sur « Toutes mes recettes » (barre supérieure de la table à gauche) et cliquer sur « Add view ». Donner un nom décrivant les recettes présentées.
Dans « Filter », déplier « This view ». Après where, conserver « file », dérouler le menu « is » pour sélectionner « has tag » et à droite inscrire « bbq » (le tag choisi pour filtrer les recettes). Ce tag doit correspondre au tag utilisé dans les propriétés de chaque note de recette faite au BBQ.

Pour les vues suivantes, il suffira de dupliquer la vue et d’ajuster le filtre.
Conclusion
Cela fonctionne pour tout type de catalogue que cela reprenne vos bandes dessinées, CD, 33 tours, romans, jeux de plateau, jeux vidéo, DVD ou BlueRay…
Sea Salt & Paper est un jeu de cartes qui se déroule dans l’océan. Chaque joueur se constitue une main pour réaliser soit un duo à poser pour bénéficier de son effet, soit une collection dévoilée en fin de manche. La diversité des duos et des collections est bien dosée pour donner du piquant à chaque partie. Chaque partie est composée de plusieurs manches, chaque joueur pouvant mettre fin à une manche dès qu’il a 7 points et en choisissant soit la sécurité où chacun compte immédiatement ses points, soit de laisser un tour de plus à ses adversaires pour marquer plus de points en cas de victoire.
Les cartes sont magnifiquement illustrées par la photo d’un origami créé spécialement pour représenter les éléments du monde marin concernés : poissons, poulpes, coquillages, crabes…
La première extension, Extra Salt, ajoute de nouvelles cartes et des nouveaux effets. La deuxième extension, Extra Pepper, change la dynamique permettant au joueur ayant le moins de points de bénéficier d’effets supplémentaires pour combler son retard.
Sea Salt & Paper est une perle facile à transporter, avec des règles simples mais riches et une mécanique alliant plaisir et interactions.
Sea Salt & Paper est un jeu créé par Bruno Cathala & Théo Rivière, illustré par Pierre-Yves, Lucien Derainne, Anicé Claudéon, et édité par Bombyx. Il se joue de 2 à 4 joueurs à partir de 8 ans.
Recommandation #1 : votre coffre en ligne
Créer un coffre, un dossier où tous vos fichiers Obsidian seront stockés sur iCloud pour y accéder depuis vos autres appareils Apple. Pour un cloud avec un autre OS, il faudra souscrire à Sync.
Recommandation #2 : ajouter des propriétés à vos notes
Pour chaque note, ajouter des propriétés en cliquant en haut à droite de la note sur les « … » puis click sur « Ajouter des propriétés de fichiers ».

Les propriétés s’ajoutent toujours au début de la note et peuvent être masquées. Par exemple, pour enregistrer la date de création du fichier, tapez dans la partie gauche, le champs définissant la propriété, ici « Date de création« . Dans le futur vous pourrez sélectionner ce champs dans le menu déroulant sans devoir le retaper. Ce champs est disponible pour toutes vos notes, c’est la valeur qui sera indiquée dans la partie droite qui sera spécifique de cette note.

Click sur les 3 barres horizontales à droite de « Date de création » pour choisir le type de valeur que vous désirez, ici « Date & heure ». Pour cette note, dans la partie droite de la propriété, cliquer sur le symbole calendrier et cliquer sur « Aujourd’hui ».
Je vous suggère de définir une propriété pour regrouper toutes les notes liées, par exemple un champs « Map of Contents« . Des valeurs de ce champs pourraient être « Projet », « Cuisine », « Pédagogie », « Neurosciences », « Loisirs », « Ornithologie »… Nous verrons dans un autre billet comment créer une page qui liste automatiquement toutes les notes ayant la même valeur dans « Map of Contents ».
Pour progresser avec Obsidian, rien ne remplace l’expérience. Donc prenez des notes. De tout. De n’importe quoi. Pendant 2 à 3 semaines, régulièrement. Ensuite seulement essayer d’ajouter des options. Le système parfait qui vous convient n’existe pas et ne perdez pas de temps à copier tel youtuber ou tel tiktokeur (voir le premier billet). Commencer par télécharger Obsidian (Mac, Windows, iOS, Android, Linux) et créer des notes.
L’interface d’Obsidian

Une commande pour les gouverner toutes
Toutes les commandes d’Obsidian sont accessibles avec commande-p (cmd-p, et sous windows Ctrl-p). Ensuite taper quelques lettres en lien avec la commande cherchée, click et voilà ! Pour créer une nouvelle note : cmd-p => je tape note. Dans la liste des propositions de commandes, le mot note est en gras car c’est ma recherche. Je trouve « Créer une nouvelle note » et à droite, le raccourci clavier est rappelé (cmd-n). Je click sur « Créer une nouvelle note » et voilà. À l’avenir, vous pourrez faire cmd-n.
Donner un titre à votre note
Choisir un titre qui vous permet de vous souvenir du contenu de votre note. Les caractères permis pour le titre de vos note sont les permissions des titres de fichiers de votre OS. Sous Mc OS, ne pas commencer un point et ne pas contenir / \ ou : mais Obsidian vous signalera clairement toute erreur.
À vous de jouer maintenant. Créer des notes à propos de tout et n’importe quoi pour expérimenter. Nous verrons dans un prochain billet comment mettre en forme vos notes dans Obsidian.
Obsidian est une application de prise de notes que j’utilise depuis des années. J’apprécie sa flexibilité, sa puissance et sa philosophie orientée vers la connaissance connectée. La force d’Obsidian s’est de pouvoir le configurer pour l’utilisation qui me convient. Pour les utilisateurs de l’écosystème Apple, c’est un véritable atout au quotidien grâce à iCloud.
Pourquoi ai-je choisis Obsidian ?
- Pérennité de mes notes : toutes mes notes sont des fichiers texte qui peuvent être ouvertes avec à peu près n’importe quelle application, avec n’importe quel ordinateur et pour longtemps, même si l’application disparait. La prise de note est enrichie grâce au Markdown, un format universel (et ouvert) pour décrire ce qui est en gras, en italique, un titre de niveau 1 ou 2 ou 3… tout en produisant des fichiers très légers. Si Obsidian disparaît, toutes mes notes sont pérennes.
- Organisation riche et simple : le format Markdown permet également de créer de liens entre différentes notes ce qui me permet d’organiser mes notes, connaissances et réflexions de manière flexible et non linéaire. Pas de code à apprendre, tout est accessible avec un clic droit. En outre des métadonnées peuvent être associées à chaque note ce qui facilite la récupération et les recherches.
- Vie privée : mes données restent sur mon ordinateur (ou téléphone…) ou dans mon Cloud Apple.
- Synchronisation fluide via iCloud Drive pour un accès transparent à mes notes sur tous mes appareils Apple : je note une idée sur iPhone quand elle me vient, je la développe sur Mac, je la finalise sur iPad et la consulte sur iPhone.
- Ma configuration selon mes besoins grâce à une multitude de plugin ou de thèmes gratuits. Personnellement je me limite à quelques plugins et un seul thème.
- La puissance en simplicité via les liens et via les bases de données (depuis la version 1.9) qui me permettent de relier mes notes dynamiquement et simplement.
- Prix démocratique : le logiciel est gratuit pour une utilisation personnelle (freemium) avec diverses options payantes :
- Sync (synchronisation via cloud Obsidian),
- Publish (publication de notes sur le web) ou
- l’utilisation comme développeur Obsidian ou en entreprise.
Obsidian n’est pas une panacée et il faut reconnaître les limites des applications de gestion des connaisssances comme expliqué par Jean-Charles Kurdali dans sa vidéo Le mensonge du second cerveau (Obsidian, Zettelkasten, Notion).
Conclusion
Vous trouverez des ressources qui parlent de second cerveau, d’être créatif ou de gagner de l’argent grâce à Obsidian. Moi je l’utilise pour me simplifier la vie, professionnelle mais aussi certains aspects de ma vie privée. Je l’ai utilisé pendant des années sur mon ordinateur et cela a beaucoup simplifié ma vie. Depuis 2023 je l’utilise sur iCloud et cela a été une deuxième grande simplification. Obsidian me convient pour ce que je fais. Je le préfère à Evernote, à Notion, à OneNote ou à Notes (Apple). Sa plus grande force : il organise mes notes au fur et à mesure que je les crée sans que je ne doive jamais réfléchir à l’endroit où sauver cette note.
J’espère que ce billet vous donnera l’envie de tester Obsidian. Installer le sur Mac, sur iPad ou iPhone et commencer à l’utiliser
Pour continuer : Premiers pas avec Obsidian
Si vous ne connaissez pas le package \glossaries pour LaTeX en voici une brève présentation. Ce billet se limite aux abréviations sans utiliser de glossaire.
Pour mémoire, une abréviation c’est le accourcissement d’un mot ou d’un groupe de mot (par exemple Mme, etc.). Un sigle est une abréviation d’un groupe de mots qui n’en garde que les initiales et se prononce lettre par lettre (par exemple TGV, TVA, ONU…) alors qu’un acronyme est une abréviation que l’on prononce comme un mot ordinaire (par exemple sida, radar, laser…).
Dans le corps de votre texte, à chaque utilisation d’une abréviation, vous utiliserez \gls{ } avec le code d’appel entre les accolades. Par exemple \gls{tgv} donnera à sa première utilisation dans votre document « train à grande vitesse (TGV) » et « TGV » pour toutes les utilisations suivantes. Même si vous déplacez des paragraphes, une nouvelle compilation prendra en compte la première utilisation pour donner le groupe de mot et son abréviation entre parenthèses, par exemple « train à grande vitesse (TGV) ». Pour se faire il faudra définir dans le préambule vos acronymes par
\newacronym{<code d’appel>}{<abréviation>}{<signification>}
Ce qui donnera pour notre exemple \newacronym{tgv}{TGV}{train à grande vitesse}. Si dans la signification vous utilisez des majuscules alors elles seront toujours imprimées : \newacronym{tgv}{TGV}{Train à Grande Vitesse} donnera la première fois « Train à Grande Vitesse (TGV) » et les fois suivantes « TGV ».
En fonction de vos besoins, il y a des variantes à \gls{ } comme Gls{tgv} donnera « Train à grand vitesse (TGV) » commençant par une majuscule utile au début d’une phrase par exemple.
Pour le pluriel, LaTeX appliquera la règle du pluriel à tous les mots de l’abréviation et cela donnera dans notre exemple « ttrains à grandes vitesses ». Pour éviter ce problème, il suffit de définir l’acronyme comme
\newacronym[longplural={trains à grande vitesse}]{tgv}{TGV}{train à grande vitesse}.
Ensuite il suffit d’ajouter pl à la fin de la commande \gls :
- \glspl{tgv} donnera « trains à grande vitesse (TGV) »
- \Glspl{tgv} donnera « Trains à grande vitesse (TGV) »
Dans votre préambule il faudra appeler \usepackage[xindy]{glossaries}, mettre les significations des acronymes (\newacronym) à sa suite et AVANT \usepackage{hyperref} pour éviter les liens ou APRÈS pour que chaque acronyme soit un lien vers le glossaire des acronymes. À la fin du document, ajouter \printglossary[type=\acronymtype]
Et si je veux un glossaire et des acronymes ?
C’est expliqué ici. Pour avoir toutes les informations, vous pouvez consulter en anglais le wiki book LaTeX ou la documentation d’Overleaf ou en français le blog de Dorian.
Sans être un expert du développement d’applications pour téléphone, il suffit d’installer un émulateur d’HP-41 comme i41CX+ de AL Software (AL pour Antonio Lagana) pour iPhone ou iPad et de faire vos programmes sur la HP41. Certes mais je n’ai plus programmé sur HP41 depuis fin des années 80 ! Alors pour m’y remettre j’ai trouvé quelques ressources que je vous partage.
Reprise en main
En complément de la vidéo d’Éric Schrafstetter, vous trouverez le mode d’emploi en français de la HP-41CX sur le site de HP Calculator Literature.
Vous aurez peut-être également l’utilité du mode d’emploi de l’émulateur lui-même.
Maintenant passons aux programmes
Pour retrouver les bases de la programmation sur HP-41, commencez par la vidéo ci-dessous
Ensuite, passer sur l’excellent livre de Philippe Descamps et Jean-Jacques Dhénin : Programmer HP-41
Vous devriez être armé pour créer vos programmes et les aboir sous la main dans votre téléphone. Vous trouverez des programmes pour HP-41 sur
- le site de l’auteur de l’émulateur, AL Software
- le site du HP-41CX, partie Archives
- The Museum of HP Calculators
- Le site en anglais hp41programs de Jean-Marc Baillard
- la HP-41 Library de HP41.org
Pour aller plus loin, la traduction du livre de Keith Jarret : La programmation synthétique c’est facile! ou le livre de William C. Wickes : La progammation synthétique de la HP-41 ou celui de Jean-Daniel Dodin : Au Fond de la HP41
Ce billet tente de rendre leur juste place à David Arneson et à Dave Wesely et leurs prédécesseurs sans oublier que sans Garry Gygax personne ne connaîtrait leur travail. Historiquement, tout semble commencer avec l’ancêtre des wargames dans les années 1800. Les wargames évolueront mais il faudra attendre les années 1960 pour que Dave Wesely retrouve les racines des wargames et crée Braunstein, un scénario se différenciant fortement des wargames. Voyons ces 3 premières étapes plus en profondeur. La troisième pourrait être le premier RPG (Role Playing Game ou jeu de rôle).
Kriegsspiel de von Reisswitz
Georg H. R. J. von Reisswitz reprend l’invention de son père en 1812 en lui amenant son expertise d’officier militaire. Pour enseigner la stratégie militaire, son père utilise des terrains et du relief, des règles de déplacement des troupes au lieu du classique jeu d’échec. La version du fils se base sur les cartes topographiques et la théorie des probabilités en combat pour créer un simulateur de combat suffisamment réaliste pour un usage pédagogique. Le jeu se joue dans trois pièces. Dans les 2 premières se retrouve chaque adversaire avec une carte topographique vierge et ses unités de combat. Chacun rédige des ordres qui sont transmis à l’arbitre dans la troisième pièce. L’arbitre choisit comment les ordres rédigés sont interprétés par les troupes qui les reçoivent. A l’aide des règles de Reisswitz l’arbitre peut calculer de quelle distance se déplace en un tour la cavalerie dans une montée de 3% sur terrain boueux. L’arbitre fait des calculs, jette des dés, effectue des déplacements d’unité sur sa propre carte topographique. Ensuite il transmet vers chaque joueur un rapport d’observation. Ce rapport écrit sera interprété par chaque adversaire qui déplacera des unités sur sa carte afin de refléter sa vision de la carte de l’arbitre. Ensuite il émet à nouveau des ordres et ainsi de suite. Lors d’une bataille, les dégâts ne sont pas tout ou rien (les points de vie en RPG), le moral des troupes peut être affectés et les résultats dépendent aussi d’une part de hasard. Seul l’arbitre connaît les règles, pas les joueurs. L’arbitre, c’est l’ancêtre du maître du jeu.
En résumé : pour les joueurs de kriegsspiel, tout est possible et les résultats sont gérés par un arbitre qui utilise des règles de probabilités de résultats d’action comme les déplacements ou les combats.



Strategos de Charles Lewis Tottten
Les prussiens remportent des victoires même en situation défavorable et la part du kriegsspiel n’est pas négligeable. Elle se diffuse et est reprise aux USA 50 ans après. Charles L. Totten, professeur de tactique militaire, l’adapte et la fait évoluer dans des règles de jeu intitulées Strategos. Le jeu de Reisswitz est plus lent que si la bataille se déroulait en réalite. En outre, il manque d’arbitres à cause de la complexité des règles à apprendre. Pour répondre à ces deux problèmes, Totten s’inspire du Free Krigsspiel qui introduit deux éléments clefs pour le RPG :
- les joueurs et l’arbitre échangent oralement et non plus par papiers;
- l’arbitre juge des conséquence des actions et interprète plutôt que d’appliquer des règles.
Totten introduit des règles plus souples, au service de l’arbitre qui a le dernier mot pour juger des conséquences d’une action. Comme l’arbitre doit s’adapter, les joueurs peuvent tout tenter comme actions. Deux éléments clefs du RPG. Contrairement aux autres jeux, le RPG ne fixent pas par règles ce que les joueurs peuvent faire.
Braunstein de Dave Wesely
Dave Wesely est un jeune homme du Winsconsin, joueur de WarGames qui sont très populaires à son époque. Dave a épuisé tous les wargames sur le marché. Il ne trouve pas le jeu qui serait la simulation ultime de batailles, révélant les vrais talents de stratège des joueurs tout en s’amusant en jouant. Cherchant dans la bibliothèque de son université autour de 1965, il tombe sur livre de 1880 : Strategos. Il crée en 1968 le jeu Stategos N, N pour Napoléon dont les campagnes sont le thème du wargame. Dans ce wargame, Weseley replace de l’arbitre au centre du wargame. Il a la responsabilité de faire respecter les règles, de trancher les interprétations, l’auteur du scénario et définit comment les joueurs vont obtenir des informations en interagissant avec le milieu et les personnes peuplant ce milieu. L’arbitre raconte une histoire, une scène cinématique que les joueurs visionnent mentalement, scène basée sur les règles mais sans rentrer dans le détail des calculs. C’est le premier maître du donjon ou maître du jeu en RPG. Des interactions entre joueurs et arbitre naissent aussi les NPC, personnages non joueurs (PNG). Il ajoute également la notion de jeu où tous les joueurs sont gagnants, issue de Conflict and Defense de K.E. Boulding. Tout cela va lui donner l’idée d’un autre jeu : Braunstein.



En décembre 1968 Weseley propose à ses joueurs de jouer ce qu’il se passe le jour qui précède une bataille de Strategos N. Au lieu de contrôler leurs armées les joueurs jouent le rôle d’un personnage qui a un profil (un officier prussien par exemple) et des objectifs secrets spécifiques (faire taire les étudiants pro-français, recruter des soldats…) . Au lieu de 8 ils sont 22 joueurs. Weseley invente alors d’autres personnages avec d’autres buts et les ajoutent aux militaires. Chacun passe devant Dave en disant ce qu’il désire faire et repart avec de nouvelles informations. En attendant, tous les autres joueurs échangent sur leurs missions, les informations collectées, les possibilités d’actions… L’anecdote évoque deux joueurs qui décident de se battre en duel. Sans règle, l’arbitre décide que le militaire gagne le duel. Le premier à mourir dans un RPG, c’est David Arneson, le co-créateur de donjons et dragons. Tout le monde sauf Wesely a adoré la partie. Arneson demande à Wesely de rejouer à Braunstein. Wesely limite le nombre pour éviter que les joueurs partent dans tous les sens et c’est un échec. Au bout de 2 parties, Wesely comprend qu’il doit abandonner l’idée de tout vouloir contrôler et sort la version 4 de Braunstein. Une autre décision capitale pour le RPG. C’est ainsi que Braunstein est le premier RPG sur table et Dave Wesely le premier maître du jeu.
En résumé, Wesely se base sur les anciennes règles du kriegsspiel pour faire évoluer les wargames. L’évolution qu’il expérimente fini par ne plus ressembler à un wargames et, curieusement, c’est le premier mort, David Arneson, qui reprendra Braunstein pour le faire évoluer vers Donjons et Dragons. Voyons cela plus en détail.
Blackmoor de David Arneson
Wesely s’engageant à l’armée, Arneson a l’autorisation d’utiliser et d’adapter le Braunstein de Wesely. Au lieu de se centrer sur les capacités de personnages ou des règles, Arneson a compris que l’imagination devrait être la seule limitation. Il crée en 1971 un scénario nommé Blackmoor et propose une partie. Il a créé un univers médiéval fantastique se basant sur StarTrek The Original Series (une petite équipe partant à l’aventure pour résoudre un problème), Dark Shadows (ses tunnels-couloirs, ses châteaux en ruines, ses forêts sombres…), Lord Of The Rings (elfes, hobbit, magicien, balrog) et l’univers de Conan. David et ses amis améliorent le jeu en ajoutant des éléments qui sont aujourd’hui la base des RPG comme l’aventure continue d’une partie à l’autre donc les joueurs ne recommencent pas à 0 (Dwayne Jenkins) ; quand un personnage décède, ses équipements sont disponibles ; un joueur peut jouer son personnage comme il l’imagine et par exemple voler discrètement au lieu de défoncer à la masse d’arme (David R. Megarry le premier « voleur ») ; la difficulté de toucher un adversaire (classe d’armure) ; un personnage est défini par une fiche avec des caractéristiques qui peuvent évoluer en fonction de ses expériences…



Si Blackmoor évolue, le Braunstein de Wesely évolue aussi et les deux ont des joueurs communs. Ils s’inspirent donc l’un l’autre à travers les joueurs. Blackmoor intègrera également des éléments de Chainmail (voir ci-dessous).
Blackmoor est centré sur l’histoire racontée et sur la question « Que faites-vous ?« , clef de l’interaction entre les joueurs et le maître du jeu. Ce sont les joueurs qui contrôlent ce qui se passe au sein du scénario. En tant qu’arbitre, Arneson improvise tout avec génie, y compris en jouant les NPC. Mais des joueurs lui reprochent que d’une partie à l’autre ses décisions d’arbitre ne sont pas cohérentes. Il n’aime pas écrire, aime improviser et improvise bien. Tout est dans la tête d’Arneson. Fin des années 70, peu après la sortie de Donjons et Dragons et de la version originale de Blackmoor en supplément de D&D, David Arneson et Judges Guild finiront par publier The First Fantasy Campaign Player Aid.
Chainmail de Garry Gygax et Jeff Perren
Garry Gygax est un adulte d’une trentaine d’années qui a construit un table de jeu immense dans son garage et c’est le rendez-vous de tous les wargamers du Minnesota. Il a créé avec Jeff Perren un set de règles pour le wargame nommé Chainmail rules for medieval miniatures (1971), 40 pages de règles pour résoudre des combats entre armées avec 10 pages sur la Fantasy.
Il organise un rassemblement annuel de joueur, une convention de wargames, la GenCom qui existe encore. Il y rencontre David Arneson, de 10 ans son cadet et l’invite chez lui pour lui montrer son Blackmoor. Gygax en devient passionné mais ne comprend pas l’absence de règles extensives écrites. Il demande à David de lui écrire une ébauche de ses règles de jeu. David n’aime pas écrire, n’écrit pas bien mais lui transmet 18 pages manuscrites que Garry utilise en ajoutant ses règles, dont beaucoup sont puisées dans les wargames, dans Chainmail, dans son vécu de Blackmoor, dans Braustein et d’autres jeux, pour finir avec 150 pages. David n’aura jamais le temps d’envoyer la suite des 18 pages car Garry avance beaucoup plus vite que lui et que Garry veut publier rapidement car il a peur qu’un autre publie ce genre de jeu avant eux et donc de perdre les droits d’auteurs.
Tactical Studies Rules (TSR)
Ne trouvant pas d’éditeur, Garry fonde avec Donald Kaye et Bryan Bloom la compagnie TSR (Tactical Studies Rules) et en 1974 sort Dungeons & Dragons (D&D), le premier RPG dont les auteurs sont Garry Gygax et David Arneson qui contient des aventures et les règles. David ne fait pas partie de TSR mais il a déménagé près de chez Gary pour travailler pour TSR en 1976. Avant la fin de l’année, David quitte ou se fait écarter par Garry. En 1977 TSR sort une version simplifiée de D&D qui garde ce nom et Advanced D&D dont le seul auteur sera Gary. Gary devient rapidement riche et célèbre, pas David.



En 1979, après un procès intenté par David ce dernier touchera ses droits d’auteur. Garry Gygax tente volontairement d’effacer le nom de David Arneson à son seul profit. Néanmoins, en 1975, dans l’avant-propos de Blackmoor, il a écrit que c’est la plus ancienne et la plus durable campagne de D&D et que Blackmoor précède Greyhawk, sa campagne locale de Blackmoor (the lake Geneva campaign). Mais deux ans plus tard, le même Gygax dans un éditorial de The Dragon Magazine, écrit que Greyhawk est la première campagne de D&D et que la part active de David se limite à avoir écrit 18 pages de règles. Les choses tourneront mal pour lui, TSR finissant par l’expulser. En 1997, Wizards of the Coast rachete TSR et ses droits d’auteur à Arneson. Depuis, Advanced Dungeons & Dragons a pu reprendre son nom original de Dungeons & Dragons.
Quelques caractéristiques des RPG
Sans oublier que les auteurs se sont influencés les uns les autres à différentes occasions, si je devais attribuer la paternité d’une caractéristique de D&D cela prendrait la forme suivante :
- la question « que faites-vous ? » : Arneson
- le maître du jeu : Wesely
- le maître du jeu doit s’adapter : Wesely
- un jeu sans gagnant ni perdant : Wesely
- le maître du jeu raconte une histoire au lieu de présenter le résultat de calculs et interprétations : Wesely
- un jeu qui dépasse le cercle d’Arneson ou de Wesely : Gygax
- un jeu centré sur un personnage pas une armée : Wesely
- les joueurs peuvent tout tenter comme actions : Totten
- une histoire créée par le maître de jeu : Wesely
- les points de vie : Reisswitz
- les NPC : Wesely
- un set de règles : Gygax
- le moral : Reisswitz
- une carte ouverte, pas de cases : Reisswitz
Conclusion
Qui est le père du RPG ? Qui a inventé D&D ? Wesely, Arneson, Gygax ? Aucun et tous en fait. Et ceux qui les ont précédé. Il ne faut pas oublier que ces trois personnes interagissent entre elles et avec d’autres. Leurs productions étaient en constante évolution, s’améliorant avec les joueurs présents et s’inspirant d’autres jeux comme les wargames auxquels ils jouent et inventent. En outre il n’y a pas un Braunstein ou un Blackmoor mais différentes évolutions des principes sur lesquels ces RPG fonctionnent. En plus ces créateurs ne savaient pas qu’ils participaient à la création de Donjons et Dragons et donc leur participation n’est pas documentée.
J’espère que ce billet vous a aidé à comprendre qu’aucun n’avait planifié d’inventer le RPG mais qu’en essayant, en améliorant, en échangeant, ils ont contribué à la création de D&D et des RPG qui ont suivis. J’ai pu faire des erreurs alors n’hésitez pas à commenter pour améliorer ce billet. Et maintenant, que faites-vous ?
Sources
Ce billet se base sur
- L’histoire oubliée de ceux qui inventèrent le RPG de Flo,
- Secrets of Blackmoor – The True History of Dungeons & Dragons Secrets of Blackmoor – The True History of Dungeons & Dragons par The Informal Game, une des références de Flo,
- The Braunstein Experiment: Wesely Weighs In… de Pits Perilous,
- The man who invented roleplaying games et The secret fantasy campaign that launched DnD de Questing Beast et
- D&D History de Martin « Daddy Rolled a 1 ».
- J’y ai ajouté d’autres informations trouvées sur le Web en partant de Wikipédia.
Vous connaissez Harmonies grâce à ce post. Dans ce billet nous allons ajouter les spécificités de la partie SOLO : la rivière de 3 cartes, le plateau central spécifique, la fin de tour et les soleils.
Dans la partie Solo, votre rivière d’animaux est constituée de 3 cartes Animal au lieu de 5. Utilisez le verso du plateau central (à droite sur la photo ci-dessous). À chaque tour, placer 3 trio de ressources sur le plateau central. Jouez comme dans la partie classique en choisissant la face du plateau personnel comme la présence ou non des esprits de la nature. À la fin de chaque tour de jeu, tous les jetons du plateau central sont défaussés et remplacés par 3 nouveaux trios ET vous pouvez remplacer une carte Animal par la première carte de la pioche.

À l’aide des règles, vous convertissez votre score en nombre de soleils pour battre votre meilleur score et nombre de soleils. Des campagnes solo ou un automa permettent de varier les parties Solo.
Loin d’être le meilleur jeu solo, cette variation vous permet de vous entraîner pour des parties plus sociales. Harmonies est un jeu créé par Johan Benvenuto, illustré par Maëva Da Silva, et édité par Libellud. Il se joue de 1 à 4 joueurs à partir de 10 ans.